Le projet déploie un pack modulaire de prévention, dépistage, formation et plaidoyer pour améliorer l’accès aux soins sexuels et reproductifs (VIH, infections sexuellement transmissibles, santé anale, dépistage du cancer du col de l’utérus) des populations vulnérables au Liban et réduire la stigmatisation institutionnelle et sociale.
Contexte
Le Liban traverse une crise systémique depuis 2019 (pandémie de Covid-19, explosion du port, effondrement économique, conflit régional) qui a fortement fragilisé le système de santé et accru la précarité : pauvreté multidimensionnelle à très haut niveau, ≈2,7 M de réfugiés et déplacements récents. Les services VIH et de santé sexuels et reproductifs (SSR) restent concentrés à Beyrouth, l’accès hors capitale est faible et le cadre légal (criminalisation de l’homosexualité, du travail du sexe, de l’usage de drogues) et la stigmatisation entravent l’accès des populations clés (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, personnes travailleurs du sexe, usagères de drogues, détenues et LGBTQIA). La phase 1 (2022–2024) a démontré l’impact des approches communautaires (10 710 populations vulnérables sensibilisées, 5 000 dépistages du VIH réalisés, outils numériques et partenariats institutionnels mis en place) : la phase 2 vise à étendre et pérenniser ces acquis dans 5 gouvernorats (Beyrouth, Mont-Liban, Bekaa, Sud, Akkar).
Description
Passerelle Santé 2 déploie sept modules complémentaires :
- Services cliniques de SSR et VIH (consultations, dépistages, prise en charge, frottis, diagnostic et prévention du cancer du col de l’utérus, vaccination contre les hépatites et les papillomavirus humains à tarif préférentiel) ;
- Unités mobiles et orientation numérique (« Ask Me ») pour un accès anonyme et de proximité ;
- Soutien psychosocial renforcé et gestion de cas (REAct) ;
- Formation de 200 prestataires, développement d’un cours en ligne pour l’académie des forces de l’ordre et modules prison ;
- Politique anti-discrimination : renforcement de 10 centres ;
- Autonomisation des populations vulnérables (PV) (pairs, insertion socio-professionnelle) et représentations de populations clés pour évaluer les services ;
- Plaidoyer institutionnel contre la discriminiation des PV
Impact
Grâce à un meilleur accès aux services de santé, mais aussi un environnement plus favorable dans les centres de soins, le projet vise 30 000 bénéficiaires issus de PV avec une amélioration durable de leur santé et de leur bien-être avec par exemple 6 000 dépistages VIH/IST envisagés. La formation de plus de 400 personnes (prestataires, centres de santé, force de l’ordre) ambitionne une réduction progressive de la stigmatisation et de la discrimination à l’égard des PV.