REACH Ethiopia : Lutter contre la tuberculose dans les communautés pastorales

Dans la région d’Afar, la lutte contre la tuberculose se heurte à une réalité géographique et sociale singulière. Les communautés pastorales vivent souvent loin des centres de santé et se déplacent régulièrement au rythme des saisons et des troupeaux. Les infrastructures sanitaires sont rares, la capacité de diagnostic reste limitée, et des idées reçues sur la maladie peuvent retarder le recours aux soins.
Lancé en 2023 avec le soutien de L’Initiative, REACH Ethiopia vise à réduire l’incidence et la mortalité liées à la tuberculose en rapprochant le dépistage et le traitement des populations les plus exposées, en étroite coordination avec le ministère et l’agence régionale de santé.
Au cœur de l’action : des volontaires communautaires formés pour sensibiliser, repérer les symptômes et orienter vers le diagnostic, contribuant ainsi à rompre l’isolement sanitaire et à favoriser un dépistage plus précoce.

Depuis le lancement du projet, cette mobilisation communautaire s’est traduite par une montée en puissance du dépistage. Près de 313 000 personnes ont déjà bénéficié du projet, dont 249 652 atteintes par des actions de sensibilisation, 62 042 dépistées pour la tuberculose et 1 284 personnes mises sous traitement antituberculeux dans les zones d’intervention. Rien que sur la période de juillet à décembre 2025, plus de 24 000 personnes ont été dépistées lors de campagnes communautaires, de visites porte-à-porte et d’actions de sensibilisation menées dans les villages pastoraux.
Ces efforts ont permis d’identifier plusieurs centaines de personnes présentant des symptômes compatibles avec la tuberculose et de les orienter vers des centres de diagnostic. Les cas confirmés ont été mis rapidement sous traitement, contribuant directement à réduire les délais de diagnostic — l’un des principaux facteurs de transmission.
Le projet expérimente également de nouvelles approches pour améliorer la détection dans des contextes où l’accès aux laboratoires reste difficile. Des campagnes de radiographie mobile assistée par intelligence artificielle, par exemple, ont été déployées pour analyser rapidement les images thoraciques et repérer les cas suspects.

Le dépistage ne suffit pas : il faut aussi confirmer les diagnostics et accompagner les patients tout au long du traitement. Le renforcement des capacités du système de santé local constitue donc une autre dimension essentielle du projet.
REACH Ethiopia a modernisé les équipements et les compétences des laboratoires, amélioré le transport des prélèvements et mis en service une unité mobile de diagnostic. Le projet soutient également le développement de centres capables d’initier le traitement des formes pharmacorésistantes de la tuberculose, évitant ainsi aux patients d’effectuer de longs déplacements pour accéder aux soins.
Ces actions contribuent progressivement à bâtir un système de prise en charge plus accessible et plus réactif.

La transformation majeure tient à la place accordée aux acteurs locaux. Là où la contribution communautaire au diagnostic était auparavant limitée, la structuration, la formation et la supervision des volontaires ont considérablement renforcé le dépistage de proximité.
Dans certaines zones, le maillage communautaire du projet représente désormais une part significative des cas détectés (environ 30 % entre juillet et décembre 2025), ce qui montre qu’un investissement dans les ressources humaines locales multiplie les détections précoces et l’accès au traitement.