À Maurice, Viv Pozitif agit pour la rétention dans les soins des personnes vivant avec le VIH : il analyse les obstacles au maintien dans le soin et déploie une réponse communautaire pour reconnecter et traiter les personnes vivant avec le VIH perdues de vues.
Contexte
L’épidémie, concentrée, touche particulièrement les populations clés (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, femmes transgenres, personnes travailleuses du sexe, usagères de drogues). Si les traitements antirétroviraux sont gratuits, de nombreux patients décrochent des soins après les avoir débutés : ils deviennent « perdus de vue ». Les causes de ces ruptures restent mal documentées, faute de recherche. Un système de soins fragmenté, un faible ancrage communautaire et de fortes inégalités de genre aggravent les obstacles. Les inégalités de genre et les violences basées sur le genre aggravent encore les obstacles, en particulier pour les femmes, notamment transgenres.
Description
Viv Pozitif combine recherche et action pour ramener durablement les patients perdus de vue dans le continuum de soins, dans les districts de Port-Louis et Pamplemousses. Le projet mobilise les personnes vivant avec le VIH et les acteurs communautaires. Il se base sur 3 pilliers :
- Comprendre : des données de référence, désagrégées par genre, identifient les obstacles et déterminants des ruptures de soins afin d’orienter des interventions ciblées ;
- Retenir : un programme de navigation des patients accompagne individuellement les personnes vers le soin, appuyé par une offre de services différenciée (clinique mobile, renforcement du Centre de santé Banian) et par la formation des acteurs communautaires ;
- Reconnecter : un système communautaire de suivi numérisé permet de localiser et de réengager les perdus de vue, avec un partage de données coordonné avec les services publics de santé ; un volet plaidoyer et une campagne I = I (Indétectable = Intransmissible) accompagnent le dispositif.
Impact
Viv Pozitif entend réduire les ruptures de soins et améliorer la rétention et la suppression virale des personnes suivies. Première recherche de ce type à Maurice, il vise à produire des données probantes et un guide national destinés à éclairer les politiques publiques et à esquisser un modèle communautaire réplicable à l’échelle du pays, au service de l’équité de genre.