Lever les barrières d’accès à une santé sexuelle et reproductive décentralisée et inclusive pour les populations vulnérables au Liban (phase 2)

Au Liban, le projet de l’association MARSA promeut un accès équitable à la santé sexuelle et reproductive en renforçant et en décentralisant une offre de soins inclusive et non stigmatisante, au bénéfice des populations les plus vulnérables.

Contexte

Le Liban traverse depuis plusieurs années une crise socio-économique majeure, aggravée par les conflits depuis 2023, qui fragilise le système de santé et accroît les obstacles financiers et géographiques aux soins. Les populations déjà exposées aux discriminations — femmes, personnes déplacées, LGBTIQ+, sourdes, travailleuses migrantes et travailleuses du sexe — sont les plus touchées par la stigmatisation et le coût croissant des services. L’accès à une santé sexuelle et reproductive (SSR) inclusive, abordable et non stigmatisante y reste très limité, en particulier hors de Beyrouth. Forte des acquis de la première phase, cette deuxième phase vise à consolider et décentraliser durablement l’offre de services auprès de ces publics.

Description

Le projet est mis en œuvre à Beyrouth et dans plusieurs régions (Tripoli, Akkar, Bekaa, Tyr, Matn, Hasbaya). Selon une approche sensible au genre, il s’articule autour de quatre leviers :

  • Renforcer le pouvoir d’agir par l’éducation entre pairs : former des pairs-éducateurs issus des communautés et animer des sessions de promotion à la santé fondés sur le non-jugement, pour une meilleure autonomie dans le soin ;
  • Décentraliser et élargir l’offre de soins : délivrer jusqu’à 10 000 services de SSR (consultations, frottis, dépistage) par de sages-femmes et des partenaires de proximité, et ouvrir une clinique de prise en charge des violences sexuelles dédiée aux personnes LGBTIQ+ ;
  • Renforcer les compétences des soignants : former chaque année des professionnels de santé de tout le pays à des services inclusifs et non stigmatisants ;
  • Plaider pour une SSR inclusive : déployer une stratégie commune aux quatre partenaires auprès des municipalités, du ministère de la Santé, du programme national et des agences onusiennes.

Impact

Le projet vise à améliorer durablement l’accès des populations les plus vulnérables à des soins de santé sexuelle et reproductive de qualité, en développant des services adaptés à leurs besoins, en formant les professionnels de santé à un accueil bienveillant et non stigmatisant, et en renforçant l’accompagnement communautaire vers les soins. En favorisant également la prise en compte de ces besoins dans les politiques nationales, le projet pose les bases d’un modèle décentralisé, pérenne et réplicable au service des plus marginalisés.