Auto-prélèvement du papillomavirus humain : une solution pour lever les freins au dépistage du cancer du col

Une infection que presque tout le monde rencontre 

La grande majorité des personnes sexuellement actives rencontreront un papillomavirus humain au cours de leur vie. Il en existe plus de deux cents types et la plupart sont sans conséquence, le corps éliminant l’infection naturellement, souvent sans aucun symptôme.

Certains types, dits à haut risque, se comportent autrement. Lorsqu’ils s’installent durablement, ils transforment lentement les cellules et peuvent provoquer un cancer. Hommes et femmes sont concernés, mais chez les femmes, plus de neuf cancers liés au HPV sur dix touchent le col de l’utérus.

Détectée tôt, l’apparition d’un cancer liée au HPV peut être évitée 

Le cancer du col de l’utérus est aussi l’un de ceux que l’on sait le mieux prévenir. Son développement est généralement lent : plusieurs années peuvent s’écouler entre une infection persistante par un HPV à haut risque et l’apparition d’un cancer. Ce délai offre une précieuse possibilité d’agir. C’est pourquoi l’OMS recommande de combiner deux approches complémentaires : la vaccination des jeunes filles entre 9 et 14 ans, avant le début de la vie sexuelle, et le dépistage des femmes. Ce dernier repose sur un principe simple : détecter la présence du virus avant qu’il ne provoque des lésions précancéreuses. Un test HPV positif ne signifie donc pas qu’un cancer s’est déclaré, mais qu’un suivi adapté est nécessaire pour prévenir son apparition.

À San-Pédro, en Côte d’Ivoire, Opportune KOUADIO, sage-femme à la maternité de Terre Rouge, décrit la suite du parcours. Une femme dont le test revient positif est orientée vers un centre de prise en charge, où un examen à l’acide acétique révèle d’éventuelles lésions précancéreuses. Lorsque la lésion est petite, elle est traitée sur place par thermocoagulation. Lorsqu’elle est plus étendue, la patiente est référée vers un centre spécialisé pour une ablation. Le geste n’est pas douloureux, et il évite le cancer.

Un prélèvement que la femme peut réaliser elle-même, où elle est alaise 

La première marche est souvent la plus haute. La distance jusqu’au centre de santé, le manque de temps, l’appréhension d’un examen gynécologique ou simplement la gêne tiennent beaucoup de femmes éloignées du dépistage.

L’auto-prélèvement répond à une partie de ces obstacles. La femme réalise elle-même le prélèvement, qui est ensuite analysé en laboratoire. Pour André-Pascal GOURA, chef du projet OptiTri au Cameroun, il s’agit d’une avancée importante : elle permet aux femmes d’être actrices de leur propre santé et lève des barrières, sans rien céder sur la fiabilité du résultat.

La Dre Marie DORE, responsable médicale du projet SUCCESS en Guinée, insiste de son côté sur la simplicité du geste. Les équipes expliquent et montrent comment procéder, et les femmes peuvent être accompagnées si elles le souhaitent. C’est aussi, rappelle-t-elle, une façon d’atteindre celles qui ne se seraient pas fait dépister autrement.

Informer et accompagner les femmes 

L’auto-prélèvement ne remplace pas le reste du parcours de santé. Un résultat positif doit donc conduire à un examen, puis à un traitement si nécessaire. Mais il ouvre la porte, et c’est souvent là que tout se joue.

À San-Pédro, des agents de santé communautaires vont à la rencontre des femmes pour les informer et leur proposer ce test. Entre 2021 et 2024, le programme SUCCESS a permis de dépister près de 185 000 femmes, dépassant l’objectif qu’il s’était fixé. Reportage.

SUCCESS : lutter contre le cancer du col de l’utérus

Reportage à San-Pédro, auprès des agents de santé communautaires qui sensibilisent, appuient et orientent les femmes vers les soins.

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