« VIH : entre innovation et besoins essentiels, il ne faut pas choisir ! »

L’une des fonctions essentielles des conférences mondiales est de faire émerger un consensus sur les priorités qui doivent guider la riposte à l’épidémie. Au fil des années, ces rendez-vous ont ainsi donné naissance à des concepts devenus incontournables : la « prévention combinée », le « test and treat », ou encore le « U = U » (« indétectable = intransmissible »).

Quel sera le mot d’ordre de la conférence AIDS 2026, qui réunira du 26 au 31 juillet à Rio de Janeiro les principaux acteurs mondiaux de la lutte contre le VIH ? Saluera-t-on la révolution que représente l’arrivée des outils de prévention à longue durée d’action, comme le lénacapavir, administré deux fois par an pour prévenir l’acquisition du VIH ? Ou l’attention se portera-t-elle avant tout sur l’effondrement des financements internationaux consacrés à la lutte contre le VIH et sur la nécessité de « réduire la voilure » pour se concentrer sur l’essentiel ?

Pourtant, l’histoire de la lutte contre le sida nous enseigne une chose : entre besoins essentiels et innovation, il ne faut pas choisir. Il faut se battre pour que chaque personne vivant avec le VIH ait accès aux traitements qui garantissent sa survie, sans jamais renoncer à l’ambition d’aller plus loin. Ne rien lâcher de cette dynamique qui a permis à des générations de chercheurs de mettre au point des diagnostics, des traitements et des outils de prévention toujours plus efficaces. Ne rien lâcher non plus de l’engagement des communautés, indispensable pour que ces innovations bénéficient réellement à toutes celles et ceux qui en ont besoin, y compris les personnes vivant loin des centres urbains, sont confrontées à la discrimination ou sont privées de moyens pour accéder à des soins de qualité. Quand elles ne cumulent pas toutes ces vulnérabilités.

Bien sûr, la crise de l’aide internationale ne peut être ignorée. Des arbitrages seront inévitables, et ils seront souvent douloureux tant les besoins demeurent immenses. Mais ces choix doivent être guidés par une boussole claire : défendre un accès équitable à des services de santé de qualité, intégrés et centrés sur les personnes. C’est toute l’ambition de la stratégie 2026-2028 de L’Initiative, qui mise sur le renforcement des capacités nationales, le soutien aux communautés, la promotion des droits humains et de l’égalité de genre, tout en priorisant les interventions au bénéfice des pays et des populations les plus vulnérables.

À Rio comme ailleurs, le véritable enjeu ne sera donc pas de choisir entre répondre aux urgences d’aujourd’hui et préparer les avancées de demain, mais de préserver les deux. Car c’est précisément en conciliant innovation, équité et solidarité que la fin de l’épidémie restera un objectif crédible.