Consolider les capacités humaines et institutionnelles
Renforcer les systèmes de santé, c’est d’abord investir dans les personnes et les institutions qui les font fonctionner. En 2025, L’Initiative a accompagné les pays dans l’adaptation de leurs financements, le renforcement de leur pilotage et le développement de leurs ressources humaines, trois leviers essentiels pour des ripostes plus autonomes et plus durables.
Renforcer le pilotage national des systèmes de santé
Face à la contraction des financements internationaux, les pays doivent piloter plus directement leurs politiques de santé et leurs financements. À travers ses dispositifs d’assistance technique, L’Initiative accompagne cette montée en responsabilité au plus près des ministères et des programmes.
Le DAT Sahel, dispositif d’assistance technique régional, déployé notamment en Mauritanie, illustre cette dynamique : le ministère de la Santé reprend progressivement la gestion directe des subventions et le pilotage des financements, avec des équipes renforcées et des outils consolidés.
Investir dans les ressources humaines en santé
Dans de nombreux pays, les professionnels de santé sont trop peu nombreux et concentrés dans les zones urbaines, laissant des territoires entiers avec une offre de soins très limitée. L’Initiative a engagé plus de 17 millions d’euros dans trois projets structurants au Rwanda, à Madagascar et au Tchad pour renforcer la formation, améliorer la répartition des professionnels et aider les États à piloter durablement leurs ressources humaines en santé.
La stratégie 4×4 : quadrupler les professionnels de santé en quatre ans
Au Rwanda, on compte un seul professionnel de santé qualifié pour 1 000 habitants, contre quatre selon les recommandations de l’OMS. Pour combler cet écart sans sacrifier la qualité de la formation, le pays a lancé la stratégie 4×4, qui vise à quadrupler le nombre de professionnels formés en quatre ans. Le Dr Nkeshimana revient sur les objectifs, les premiers résultats et l’appui de L’Initiative.
Rapprocher les soins des femmes et des enfants dans les zones rurales isolées de Madagascar
À Madagascar, plus des trois quarts de la population vivent en zone rurale, loin des structures de santé. Pour réduire cet écart, Santé Sud forme et installe des sages-femmes communautaires au plus près des villages. Niry Ramaromandray et Benjamin Soudier, de Santé Sud, expliquent comment la formation et l’ancrage local de ces professionnelles permettent d’améliorer l’accès aux soins maternels et néonatals, ainsi qu’à la santé sexuelle et reproductive.

Évaluation transversale « Santé communautaire »
Dans les zones reculées ou auprès des populations les plus exposées, les acteurs communautaires jouent un rôle essentiel pour informer, dépister, orienter et accompagner vers les soins. Pourtant, leur engagement reste souvent marqué par la précarité et un manque de reconnaissance institutionnelle. L’Initiative soutient la structuration et la professionnalisation de ces acteurs. Son évaluation transversale sur la santé communautaire documente leur rôle central et les conditions nécessaires pour structurer, professionnaliser et pérenniser ces approches. Cette ressource souligne l’importance de reconnaître pleinement l’expertise communautaire comme un pilier des politiques de santé.