Aucune femme ne devrait mourir d’un cancer que l’on peut prévenir.
La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), le dépistage et le traitement des lésions précancéreuses permettent de prévenir et d’agir avant l’apparition d’un cancer du col de l’utérus. Pourtant, l’accès à ces services reste inégal et de nombreuses femmes sont perdues de vue au cours du parcours de santé. Avec ses partenaires, L’Initiative – Expertise France soutient des réponses pour lever les obstacles qui persistent et faire de ces solutions une réalité dans les systèmes de santé.
En 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé une stratégie mondiale pour éliminer le cancer du col de l’utérus comme problème de santé publique. Les objectifs « 90-70-90 » en tracent la voie : vacciner 90 % des filles avant 15 ans, dépister 70 % des femmes à 35 et 45 ans, et traiter 90 % de celles présentant des lésions précancéreuses ou un cancer. Mais l’atteinte de ces objectifs ne dépend pas seulement de l’existence des outils. Elle exige des services organisés, des professionnels formés, des équipements et des produits de santé disponibles, ainsi qu’un suivi permettant aux femmes de bénéficier des examens et des traitements nécessaires.
Ce dossier montre comment les acteurs nationaux, les professionnels de santé et les organisations communautaires soutenus par L’Initiative travaillent à réunir ces conditions, dans des contextes différents, de l’Afrique à l’Asie-Pacifique.
L’engagement de L’Initiative en quelques chiffres :
Faire des engagements collectifs une priorité durable
La lutte contre le cancer du col de l’utérus suppose une mobilisation qui dépasse les seuls services de dépistage. Formation des professionnels, disponibilité des intrants, financement des interventions, implication des communautés et coordination des programmes : autant de conditions nécessaires pour inscrire les progrès dans la durée. En Afrique francophone, la Communauté de pratiques et de savoirs (CoSav) du programme SUCCESS offre un espace de dialogue et de partage entre les acteurs de plusieurs pays. Les échanges ont notamment conduit à une coordination historique : la signature de l’Appel d’Abidjan formalisant dix recommandations communes.
L’Appel d’Abidjan : sept pays signent dix recommandations contre le cancer du col de l’utérus
Réunis à Abidjan en avril 2026 dans le cadre de la CoSav, les représentants du Bénin, du Burundi, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de Madagascar et du Togo ont signé un appel commun historique. Ses dix recommandations portent notamment sur la formation des professionnels, la mobilisation des acteurs communautaires, la disponibilité des produits de santé, le financement national et la coordination des programmes. Une étape pour transformer les expériences partagées en priorités concrètes pour les systèmes de santé.
Cancer du col de l’utérus : ce qui sépare les outils des femmes
Vaccination, dépistage et traitement : les moyens d’agir existent, mais leur accès reste conditionné à de nombreux facteurs. Réunis lors de la CoSav du programme SUCCESS, quatre acteurs nationaux de la lutte contre le cancer du col reviennent sur les obstacles rencontrés dans leurs pays et sur les leviers nécessaires pour faire fonctionner les services dans la durée. Leurs témoignages éclairent les conditions qui permettent de rapprocher les outils de prévention et de prise en charge des femmes.
Rapprocher le dépistage des femmes et des communautés
La distance jusqu’aux structures de santé, l’appréhension d’un examen gynécologique ou le manque d’information peuvent éloigner les femmes du dépistage. L’auto-prélèvement HPV ouvre de nouvelles possibilités pour lever certains de ces freins. Mais l’accès au test n’est qu’une première étape : l’information, l’accompagnement et l’orientation vers les soins restent essentiels pour garantir la suite du parcours.

Auto-prélèvement du papillomavirus humain : une solution pour lever les freins au dépistage du cancer du col
Le test HPV peut désormais être réalisé à partir d’un prélèvement effectué par la femme elle-même, sans examen gynécologique. Cette méthode contribue à lever certaines barrières au dépistage, notamment la gêne, les contraintes de déplacement ou l’appréhension de la consultation. Des professionnels de santé et des acteurs communautaires expliquent son fonctionnement, ses avantages et l’importance du suivi après un résultat positif.
POUVOIR+ : une réponse intégrée pour les droits et la santé sexuels et reproductifs des populations clés
En Côte d’Ivoire, le projet POUVOIR+ élargit l’accompagnement proposé aux populations particulièrement exposées au VIH, aux violences et aux discriminations. Son approche articule santé sexuelle et reproductive, santé mentale, prévention et droits humains. L’entretien avec Kouassi Noël N’Guessan revient notamment sur le dépistage du HPV proposé aux personnes travailleuses du sexe grâce aux paires éducatrices, depuis le prélèvement jusqu’à l’orientation vers les services de prise en charge.

PluriElles : immersion aux côtés d’une sage-femme communautaire à Madagascar
À Madagascar, le projet PluriElles rapproche les soins des populations rurales en soutenant l’installation et le renforcement de sages-femmes communautaires. Ce reportage propose une immersion auprès de Mihaja, qui exerce dans un cabinet d’accouchement communautaire proposant plusieurs services de santé. La sensibilisation au cancer du col de l’utérus s’inscrit dans cette offre de proximité, aux côtés de la prévention du VIH, de la tuberculose et du paludisme.
Construire des parcours de soins, du dépistage au traitement
Un test positif ne suffit pas à prévenir un cancer. Les femmes doivent pouvoir accéder aux examens complémentaires, recevoir un diagnostic et bénéficier d’un traitement lorsque cela est nécessaire. Plusieurs projets soutenus par L’Initiative travaillent précisément sur cette continuité : développer une offre de soins encore insuffisante, mieux organiser les étapes du dépistage et renforcer les capacités des structures de santé.
VITA CCU : construire un parcours de soins contre le cancer du col de l’utérus
À Madagascar, le dépistage du HPV et le traitement des lésions précancéreuses étaient encore très peu accessibles. Porté par Médecins du Monde avec Douleurs Sans Frontières et l’Association des Femmes Samaritaines, le programme VITA CCU contribue à structurer une offre de prévention et de prise en charge. Formation des professionnels, équipement des centres de santé, organisation des prélèvements et accompagnement des femmes : après une première année consacrée à rendre le dépistage possible, le projet travaille à consolider l’ensemble du parcours de soins.
Au Cameroun, OPTI-TRI cherche les meilleurs parcours de santé contre le cancer du col de l’utérus
Chez les femmes vivant avec le VIH, le risque de développer un cancer du col est particulièrement élevé. Pourtant, les différentes étapes du dépistage peuvent être difficiles à enchaîner, avec un risque de perdre des patientes entre le test HPV, les examens complémentaires et le traitement. Dans la région de l’Ouest du Cameroun, le projet OPTI-TRI compare plusieurs stratégies pour identifier les modalités qui permettent de mieux accompagner les femmes jusqu’au bout du parcours. Les premiers résultats mettent notamment en évidence l’intérêt des équipes mobiles et d’une organisation adaptée aux réalités des structures de santé.
AGIR ouvre une offre de dépistage et de traitement des lésions anales et du col de l’utérus
Au Burundi, en République démocratique du Congo et au Cameroun, le projet AGIR développe un parcours de dépistage et de prise en charge des lésions liées au HPV. En complément du cancer du col de l’utérus, il s’intéresse aux lésions anales, encore peu dépistées sur le continent, malgré des populations particulièrement exposées. Le projet s’appuie sur les associations communautaires, la formation de professionnels de santé et le renforcement de compétences locales en proctologie pour rendre ces services accessibles et mieux les inscrire dans les pratiques des structures de santé.

En Asie-Pacifique, rapprocher le dépistage des femmes
Dans la région Asie-Pacifique, SUCCESS-FAP, porté par Expertise France et soutenu par Unitaid, accompagne les pays dans le développement de stratégies de prévention secondaire adaptées aux contextes locaux, dans la continuité du programme SUCCESS soutenu par L’Initiative. Découvrez le reportage consacré à la prise en charge des femmes en Birmanie et aux Philippines.